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Michel Simond MSD
28/06/2013

Appelée aussi e-cigarette ou e-cig, il s’agit d’un dispositif électromécanique destiné à simuler l’acte de fumer, en produisant une vapeur ou une « fumée artificielle » éventuellement aromatisée.
La cigarette électronique est née d’une invention chinoise autour des années 2000, elle contient de la glycérine végétale mélangée au propylène glycol (un additif alimentaire courant), une substance qui s’échauffe et qui se transforme en vapeur au contact d’une résistance. 
On peut trouver sur le marché différents formats et modèles pour satisfaire tous les goûts : les jetables, rechargeables, e-liquide, et consommables.

LA CIGARETTE ÉLECTRONIQUE, POURQUOI ?
Elle a été conçue dans l’optique d’aider les fumeurs dépendants à réduire leur consommation de tabac, voire à l’arrêter définitivement. Elle existe en effet sans ou avec nicotine.

UN MARCHÉ POTENTIEL
Conscients des opportunités qu’offrent ce produit, les grands industriels du tabac investissent le secteur : on entend que Marlboro va lancer sa cigarette électronique, mais celle-ci ne sera probablement pas commercialisée en Europe, mais seulement aux Etats-Unis.
Parmi les dernières créations : Japan Tabacco a lancé en Autriche la cigarette de nouvelle génération « Ploom » dans laquelle il faut insérer des mini-capsules (type Nespresso) contenant du vrai tabac, fumable par échauffement et non plus par combustion.

CHIFFRES CLÉS
   - Partout en France, près de 300 boutiques sont spécialisées à 100% dans la cigarette électronique ;
   - Parmi les plus de 100 parfums disponibles, 90% des saveurs plébiscitées sont celles en lien avec le tabac ;
   - Grammage légal maximal autorisé : entre 0 et 20 mg/ml ;
   - La rechargeable représente 80% du marché en valeur ;
   - La e-liquide représente plus de 50% du chiffre d’affaires des sociétés présentes sur tous les créneaux de la cigarette électroniques ;
   - 10 fois plus rentable qu’une cigarette traditionnelle, mais 100 fois moins vendue ;
   - Prix de vente moyen d’une e-cig rechargeable : entre 30 et 50€ ;
   - Prix de vente d’une e-cig jetable : moins de 10€.

RÉGLEMENTATION
Le succès de ces nouvelles cigarettes a entraîné de nombreuses polémiques. Marisol Touraine, ministre de la santé, s’est penché sur la question en expliquant à la presse que « ce produit n’est pas banal » et qu’elle a l’intention de le réglementer. Le ministère craint en effet que la e-cig ne constitue une voie d’entrée au tabagisme, en initiant des non-fumeurs au geste et à la dépendance. 
À ce titre, le professeur Bertrand Dautzenberg, pneumologue à la Salpêtrière, a été chargé de rédiger un rapport sur les bienfaits et les risques de la cigarette électronique.
Le rapport Dautzenberg comprend 28 recommandations liées à la fabrication, la distribution, la communication et la consommation de la cigarette électronique dont :
   - la réglementation du volume des flacons et de la quantité de nicotine : réduction de la dose légale à 18mg/ml au lieu de 20 ;
   - l’application de restrictions similaires à celles du tabac : interdiction de la publicité ;
   - la création d’un agrément pour les établissements distributeurs.

Une première mesure a été adoptée jeudi 27 juin, interdisant la vente de la cigarette électronique aux mineurs. L’interdiction de la publicité et de l’utilisation dans les lieux publics est aussi envisagée, ainsi qu’une directive européenne sur le tabac est en cours de discussion.

Par ailleurs, d’autres problématiques se posent : alors que l’AFSSAPS a interdit la commercialisation de ces cigarettes électroniques en pharmacie, d’autres (comme le député Thierry Lazaro) demandent de confier la vente de manière exclusive aux réseaux des buralistes français.
Mais un nouveau syndicat de la cigarette (réunissant une quarantaine d’adhérents : importateurs, fabricants et distributeurs) s’oppose à cette proposition justifiant que selon la DGCCRF(1), la e-cig est un produit de consommation courante et rien ne justifie que sa commercialisation soit réservée à une profession.

QUELS AVANTAGES POUR LES BURALISTES ?
  - Devenir les référents principaux  de la cigarette électronique. D’autant plus que juridiquement, elles sont assimilées à un produit de tabac ;
   - Une opportunité de diversification vers un nouveau segment de marché en croissance.
En effet, la commercialisation de la cigarette électronique est particulièrement lucrative. Le marché double tous les ans depuis 2008 grâce à l’augmentation des «vapoteurs et du développement de la nouvelle gamme Ego (e-cig rechargeable).
Selon l'OFT, le chiffre d'affaires en France de cette nouvelle cigarette représentait 40 millions d'euros en 2012, et devrait atteindre 100 millions d'euros à la fin de 2013.

LES UTILISATEURS DE LA CIGARETTE ÉLECTRONIQUE
   - Près de 2 millions de vapoteurs en France, dont 350 000 utilisent quotidiennement une cigarette électronique, soit 0,7% de la population de plus de 18 ans. (Selon l’Agence France Presse) ;
   - Les 18-24 et les 25-34 ans sont les plus nombreux à vapoter ;
   - La prévalence des vapoteurs quotidiens est deux fois plus forte chez les femmes ;
   - La proportion des vapoteurs quotidiens est plus forte en région parisienne.

LES POINTS FORTS
   - Un marché très innovant (beaucoup de nouveautés assurant un confort de consommation), et la qualité s’améliore de plus en plus ;
   - Une nouvelle façon de fumer ;
   - Un objet design, qui ressemble à un accessoire de mode ;
   - La cigarette électronique permet de réduire les dommages du tabagisme lorsqu’elle remplace la cigarette, c’est donc un bon moyen de ne pas rechuter. D’autant plus que l’utilisateur retrouve la même gestuelle ;
   - Elle se fume n’importe où et n’importe quand, sans intoxiquer les autres ;
   - L’utilisateur peut contrôler la dose de nicotine qu’il consomme ;
   - Face à la hausse du tabac, la cigarette électronique permet de faire des économies conséquentes. 

LES POINTS FAIBLES
   - Souci de pérennité du marché : une consommation qui toutefois baisse ;
   - La cigarette électronique est compliquée à taxer ;
   - La cigarette électronique n’est pas un substitut nicotinique ;
   - Des risques peuvent survenir en cas de surdosage nicotinique ;
   - Un marché pas assez réglementé (en cours) ;
   - Absence d’études sur les éventuels risques d’effets secondaires ; l’ANSM(2) rappelle tout de même que l’inhalation peut  provoquer des effets indésirables ;
   - Les e-cigarettes sont toutes fabriquées en Chine, par des entreprises non pharmaceutiques et sont mises sur le marché sans contrôles spécifiques des pouvoirs publics.

Le concept de la cigarette électronique s’est très vite démocratisé, notamment à travers les images de stars (Carla BRUNI, Johnny HALLYDAY, Paris HILTON etc.). Certains l’adoptent beaucoup pour son aspect chic et design. On se pose alors la question : la e-cig remplacera-t-elle un jour la cigarette ordinaire ?

(1) Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes
(2) Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé

Source : Le Losange, le magazine 100% buralistes – n°338, juin 2013